Silvija

Gynécologue

Une main de mère

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Nous présentons dans cette page les premiers paragraphes du témoignage de Silvija. La traduction est provisoire et susceptible de changements.

Pendant toutes ces années, Gints et moi avons réalisé, avec cinq autres collègues, le plus grand nombre d’avortements de cette région de la Lettonie. J’en faisais, en moyenne, un par jour.

Gints, en plus d’être mon époux, était le chef du Département de l’Hôpital où nous recevions chaque année des centaines de femmes qui voulaient avorter. Il était également député et membre du conseil d’administration de plusieurs entreprises. « On s’en sortait bien », comme ont dit. Nous avions la chance de travailler ensemble, de gagner pas mal d’argent, et de jouir d’une certaine position. Nos vies étaient la preuve de la véracité de ce grand principe : « Il n’y a rien que l’homme ne puisse obtenir de ses propres forces lorsqu’il se le propose vraiment ».

Naturellement, nous avions bien entendu quelques critiques sur notre travail, mais ni Gints, ni moi, ni les cinq gynécologues avec lesquels nous travaillions n’y attachions d’importance. Nous trouvions le moyen de nous justifier intérieurement en nous disant que nous agissions conformément aux critères que nous avions appris à la Faculté de Médecine. C’est tout un processus : au début tu ne veux pas le faire, et ensuite, au fur et à mesure que tu fais des avortements, ton cœur s’endurcit, jusqu’à ce que tu deviennes cynique. Très souvent, après avoir fait un avortement, nous blaguions en disant : « Avec tout ça, nous allons rôtir dans les flammes de l’enfer ! »

***

Tout a commencé à s’écrouler lorsqu’un jour, j’ai découvert que Gints m’avait trompée avec une autre femme. J’ai beaucoup souffert. Je ne comprenais pas. Nous avions deux petits enfants ! Et j’ai fini par penser que la seule solution possible était le divorce.

Il me demandait pardon, il me disait que c’était une aventure passagère. Je ne le croyais pas ; et surtout, je n’étais pas disposée à pardonner. « Je ne peux pas lui pardonner après ce qu’il m’a fait ». Nous nous disputions en permanence, et dans les moments de colère, nous nous disions des choses terribles.

Il essayait de me convaincre : « Silvija, je t’aime ; nous devons arranger tout cela, coûte que coûte. Je ne peux pas perdre ma femme, mes enfants, ma famille. Vous êtes ma vie ». Et nous nous trouvions tous les deux, pour la première fois, face à une situation qui nous dépassait, et que nous de contrôlions pas. (...)