Dina et Mārtins

Artistes

« Témoignage sans titre »

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Nous présentons dans cette page les premiers paragraphes du témoignage de Dina et Mārtins. La traduction est provisoire et susceptible de changements.

Domeniko, mon traducteur du letton, et moi rencontrons Mārtins dans la rue, alors qu’il se dirige vers le bâtiment où se trouve sa maison et son atelier, au centre de Riga. Il est pressé. Pendant que nous montons les escaliers, il nous dit qu’il doit terminer un travail urgent, parce que des clients lui ont demandé des corrections de dernière minute sur un dessin. La porte de son appartement donne directement sur deux grands ateliers : le premier est celui de Dina, avec des tubes de peinture partout, et ensuite le sien, un autre atelier d’artiste typique.

Une porte du second atelier permet d’accéder à l’appartement familial ; l’un des enfants passe discrètement pendant que Dina commence à me raconter son histoire. Mārtins, assis à coté, nous écoute tout en gardant les yeux rivés sur l’écran, pour terminer son travail.

Dina

J’ai grandi seule, avec ma mère – me raconte Dina – Mon père ne vivait pas avec nous. J’étais une petite fille inquiète, avec une âme d’artiste, et je me posais des questions sur le sens de la vie. Je recherchais surtout la paix intérieure.

Comme tous les enfants de mon âge, j’étais pionnière communiste à dix ans, et j’avais le foulard rouge autours du cou, comme Mārtins ; à l’école, j’ai reçu la formation soviétique typique. Je ne me souviens pas que quelqu’un m’ait parlé de Jésus pendant mon enfance.

Au fur et à mesure que je grandissais, je me suis intéressée au bouddhisme. Je recherchais la paix intérieure. Comme je ne l’ai pas trouvée dans le bouddhisme, je suis allée dans une église luthérienne. Mais je ne comprenais rien aux cérémonies. Elles me semblaient théâtrales, fausses, vides. Quant aux catholiques, il vaut mieux ne pas en parler : des gens sinistres, sortis d’un vieux film, et les prêtres vêtus d’une tunique blanche… on aurait dit une secte. Je ne savais pas ce qu’ils faisaient, dans quel but ; cela ne m’intéressait pas.

J’ai lu plusieurs livres sur le New Age. Ensuite je suis devenue végétarienne, et je mélangeais l’ascétisme dans les repas avec l’alcool. A cette époque, les étudiants des Beaux Arts buvaient beaucoup, sans aucune limite.

Les artistes sont des personnes très sures d’elles-mêmes et de leurs qualités, n’est-ce pas Mārtins ? (Il acquiesce sans lever les yeux de l’écran). Et la plupart d’entre nous ne croient en rien. Moi, au moins, je reconnaissais – avec une certaine vanité – que mon talent artistique venait de Dieu.

Mais… de quel Dieu ? Du Dieu Bouddha ? Du Dieu Jésus ? Cela m’était égal. Pour moi Dieu était une sorte d’éther : il pouvait être dans l’eau, dans la nature, dans les oiseaux… Je pensais que j’étais plus intelligente que les chrétiens : ils voyaient Dieu dans une personne concrète, et moi je le voyais partout, grâce à un panthéisme qui était le fruit de mes lectures sur les religions orientales.

De toute façon, les choses n’étaient pas claires. J’avançais, et je reculais. Cette recherche a duré des années et des années.

***

En 1997, ma situation fut franchement critique : j’étais malade, sans travail, sans endroit pour vivre et avec la gorge complètement irritée. « Je prierai pour toi. Pries aussi pour moi », m’a dit un ami. J’ai suivi son conseil, et je suis allée dans une église luthérienne où l’on chantait beaucoup et relativement faux. Quelques années plus tôt, cela m’aurait fait fuir, parce que pour moi la beauté et la perfection sont très importantes.

Mais je me suis dit : « Je vais demander au pasteur ce que je dois faire pour prier et je ferai exactement ce qu’il me dira de faire ». J’ai parlé avec lui, nous avons prié ensemble, et je lui ai demandé de prier pour moi. Et le jour même, en rentrant chez moi, j’ai senti une forte amélioration dans ma gorge, et par hasard, j’ai rencontré un professeur qui m’a proposé un travail.

J’étais payée une misère : 30 lats. Avec ça, je ne pouvais même pas me payer le bus pour aller travailler, car mon boulot était à l’autre bout de Riga. J’étais toujours très malade, mais comme c’était la seule chose que j’avais, j’y suis allée, et j’ai essayé de travailler le mieux possible.

Alors que je pensais que je m’en étais sortie, je suis retombée dans l’alcool.

Alors il m’est arrivé quelque chose d’assez incroyable : Jésus – pas l’image évanescente de la divinité que je poursuivais – Jésus a commencé à entrer dans ma vie, d’une façon mystérieuse, forte et délicate en même temps. Et dans mon cœur, il me poussait à changer de vie. (...)